CAS PARTICULIERS 27.07.26 · 7 MIN

Changer le nom d'une société avant cession de parts

Renommer votre société avant une vente de parts sociales : ordre des formalités, pièges à éviter et procédure complète en 2026.

Sommaire — 6 parties
L'ESSENTIEL EN TROIS LIGNES
01 Le changement de dénomination peut précéder ou suivre la cession de parts : l'ordre dépend de la raison du renommage et des souhaits des parties.
02 La personne morale conserve son SIREN, ses contrats et son historique : seul le nom inscrit au RCS change.
03 Vérifier la disponibilité du nouveau nom (INPI) AVANT de voter la modification est indispensable pour éviter un blocage de dernière minute.

Changer le nom d’une société avant de céder ses parts sociales est une opération tout à fait courante — et parfaitement légale — à condition de respecter un ordre logique et de traiter chaque formalité séparément. Le changement de dénomination ne touche ni le SIREN, ni les contrats, ni l’historique de la société : la personne morale reste la même, seul son nom inscrit au RCS change.

Pourquoi renommer une société avant une cession de parts ?

La question se pose dans des situations très différentes. Pierre et Véronique cogèrent depuis dix ans la SARL “Atelier du Cours Victor”. Ils décident de vendre leurs parts à un repreneur extérieur. Problème : la raison sociale comporte le nom d’une rue étroitement associée à leur quartier et à leur réputation personnelle. Le repreneur veut repartir sur un nom neuf ; eux ne souhaitent pas que leur nom de marque continue de vivre sans eux.

Trois situations déclenchent le plus souvent ce scénario :

  • Le nom contient le patronyme d’un associé cédant. L’acheteur veut s’affranchir de cette identité ; le cédant veut protéger sa réputation personnelle.
  • Le repreneur impose un rebranding comme condition de l’achat. Il a déjà une marque, un écosystème ; il achète les actifs et l’historique, pas l’identité visuelle.
  • La société portait un nom lié à une activité abandonnée. Le changement de dénomination clarifie le projet du repreneur dès le départ.

Dans tous ces cas, la question pratique est la même : dans quel ordre ?

L’ordre des formalités : ce que la loi ne dit pas (et ce que la pratique impose)

Aucun texte n’impose un ordre entre le changement de dénomination et la cession de parts. Ces deux opérations sont juridiquement indépendantes. Mais leur articulation concrète dépend d’un paramètre simple : qui doit voter le changement de nom ?

Avant la signature de l’acte de cession, les associés actuels (cédant compris) détiennent toujours le capital et restent les seuls habilités à modifier les statuts. En SARL, la modification de la dénomination relève de l’assemblée générale extraordinaire (AGE) statuant à la majorité des deux tiers des parts détenues par les associés présents ou représentés (article L223-30 du Code de commerce). En SAS, la décision est prise selon les modalités prévues par les statuts (articles L227-1 et suivants du Code de commerce). En EURL ou SASU, décision de l'associé unique, constatée dans un procès-verbal (article L223-31 du Code de commerce).

⚠️ Piège classique : certains cédants attendent la signature de la cession pour « laisser le repreneur décider du nouveau nom ». Résultat : le repreneur prend le contrôle, mais le greffe enregistre toujours l’ancienne dénomination pendant les semaines qui suivent. Des factures, des devis, des contrats sont émis sous un nom qui ne correspond plus à la réalité souhaitée. Mieux vaut trancher avant.

En pratique, deux scénarios sont viables :

ScénarioQuand choisir cette option ?Qui vote ?
Dénomination changée avant la cessionLe cédant souhaite protéger son nom ; le repreneur a déjà choisi le nouveau nomAssociés actuels (avant cession)
Dénomination changée le jour de ou après la cessionLe repreneur veut garder la main ; les parties s’accordent sur le nouveau nom dans l’acte de cessionNouveaux associés (après transfert)

Les deux options sont valides. L’important est de le prévoir par écrit dans le protocole de cession ou la lettre d’intention, pour éviter tout désaccord de dernière minute.

La procédure de changement de dénomination : ce que vous devez accomplir

Que le renommage intervienne avant ou après la cession, la procédure est identique. Voici les étapes incontournables.

1. Vérifier la disponibilité du nouveau nom

Avant de convoquer une assemblée ou de rédiger quoi que ce soit, vérifiez que le nom envisagé est libre. Une recherche d’antériorité sur la base des marques de l’INPI (Marques, sur inpi.fr) permet de s’assurer qu’aucune marque identique ou similaire n’est déjà déposée dans un secteur d’activité proche. Une vérification dans le Registre National des Entreprises (RNE) complète l’analyse.

Omettre cette étape expose à une action en contrefaçon ou en concurrence déloyale après que toutes les formalités ont été accomplies — avec un Kbis à modifier en urgence et des frais doublés.

2. Réunir l’organe compétent et modifier les statuts

La dénomination sociale est une mention statutaire obligatoire posée par l’article 1835 du Code civil et rappelée par l’article L210-2 du Code de commerce. La modifier suppose donc de réunir l’organe compétent selon la forme sociale.

Le procès-verbal (ou la décision de l’associé unique) doit mentionner :

  • l’ancienne dénomination,
  • la nouvelle dénomination adoptée,
  • la date d’effet,
  • la mise à jour corrélative des statuts.

Le client est l’auteur et le signataire de ce document. Notre service changement de dénomination sociale génère un modèle pré-rempli à partir des informations que vous fournissez, prêt à compléter et signer.

3. Publier un avis de modification dans un journal d’annonces légales

La modification de la dénomination doit faire l’objet d’une insertion dans un support habilité à recevoir les annonces légales du département du siège social, conformément à la loi n° 55-4 du 4 janvier 1955. Le tarif est forfaitaire pour ce type de modification : 199 € HT HT en métropole (229 € HT HT à La Réunion et Mayotte).

L’attestation de parution délivrée par le journal est une pièce obligatoire du dossier de dépôt.

💡 Si la société est basée à Bordeaux, à Paris, à Nantes, à Lille, à Rennes ou à Strasbourg, retrouvez nos guides locaux sur l’annonce légale : Bordeaux, Paris, Nantes, Lille, Rennes, Strasbourg.

4. Déposer le dossier sur le guichet unique INPI

La déclaration de modification est déposée sur le guichet unique des formalités des entreprises (INPI) dans le délai de un mois suivant la décision. Le dossier comprend :

  • le formulaire de modification,
  • le procès-verbal ou la décision constatant le changement,
  • les statuts mis à jour, datés et signés,
  • l’attestation de parution de l’annonce légale.

Les frais de greffe s’élèvent à 166,71 € TTC.

À l’issue du traitement, un nouvel extrait Kbis est délivré au nom de la société avec sa nouvelle dénomination. Le SIREN, le SIRET et l’intégralité des contrats en cours restent inchangés, conformément au principe de continuité de la personne morale (article 1844-3 du Code civil ; article L210-6 du Code de commerce).

Ce que le protocole de cession doit absolument prévoir

Lorsque changement de dénomination et cession de parts se télescopent, le protocole de cession (ou la promesse de cession) est le document qui permet d’éviter les malentendus. Pensez à y inclure :

La clause de dénomination : qui choisit le nouveau nom ? Qui supporte les frais de la formalité ? À quelle date la modification doit-elle être inscrite au RCS ?

La clause de garantie : le cédant garantit que la dénomination actuelle ne fait l’objet d’aucun litige, d’aucune marque déposée opposable, d’aucune procédure en concurrence déloyale.

La condition suspensive (si applicable) : si l’acheteur conditionne la réalisation de la cession au changement préalable de la dénomination, cette condition doit être rédigée avec une date butoir précise. À défaut, la vente peut être remise en cause ou retardée indéfiniment.

La répartition des démarches post-cession : mise à jour de l’enseigne, du site internet, des mentions légales, des papiers à en-tête, de la banque — autant d’éléments qui ne relèvent pas de la formalité au greffe mais qui conditionnent la crédibilité opérationnelle du repreneur.

📌 Rappel : la cession de parts sociales et le changement de dénomination sont deux formalités distinctes qui donnent lieu à deux dossiers séparés sur le guichet unique INPI. Il est possible de les déposer simultanément, mais ils ne fusionnent pas en un seul acte.

Les mises à jour à ne pas oublier après l’inscription au RCS

Obtenir le nouveau Kbis ne clôt pas le dossier. Plusieurs actions pratiques s’imposent dans les semaines suivantes :

  • La banque : communiquer le nouveau Kbis à l’établissement bancaire pour mettre à jour les comptes, les chéquiers et les coordonnées SEPA.
  • Les contrats en cours : un avenant n’est pas toujours nécessaire (la continuité de la personne morale suffit), mais informer les cocontractants par courrier évite toute confusion.
  • Le nom de domaine et le site internet : si la société opère sous le nouveau nom, le transfert ou l’acquisition d’un nouveau domaine s’anticipe bien avant la formalité.
  • La marque INPI : si la nouvelle dénomination a vocation à devenir une marque, le dépôt (190 € pour une classe, protection de 10 ans renouvelables) est à prévoir rapidement pour sécuriser l’identité commerciale du repreneur.
  • L’enseigne et les supports physiques : factures, devis, cartes de visite, signalétique — tout document commercial doit refléter la nouvelle dénomination à compter de l’inscription modificative.

Pierre et Véronique ont choisi de changer la dénomination de leur SARL en “Maison Victor” avant de signer l’acte de cession. Le repreneur a ainsi repris une société dont le nom était déjà inscrit au RCS, avec un Kbis à son image dès le premier jour. Les formalités du greffe avaient été anticipées de trois semaines ; la cession s’est conclue sans délai supplémentaire.

Ce que vous devez retenir avant de lancer la procédure

Un changement de dénomination dans le contexte d’une cession de parts est une décision qui engage à la fois le cédant et l’acheteur. Elle se prépare en amont, se négocie dans le protocole et s’exécute avec méthode.

Trois points à garder en tête :

  1. L’ordre n’est pas imposé par la loi, mais il doit être décidé et formalisé contractuellement entre les parties avant toute formalité.
  2. La disponibilité du nouveau nom doit être vérifiée en priorité, avant même la convocation de l’assemblée. Un nom non disponible fait tout recommencer à zéro.
  3. Les deux formalités (cession + dénomination) sont distinctes : budget, délais et dossiers séparés, même si on peut les déposer dans la même fenêtre temporelle.

Pour lancer la formalité de changement de dénomination dès que vous êtes prêt, rendez-vous sur notre service en ligne ou contactez-nous pour toute question spécifique à votre situation.


Article rédigé par Alexis Egron, dirigeant de Norge Conseil. Mis à jour le 24 juillet 2026.

Changement de Dénomination
Supervise les dossiers du réseau · relu le 24.07.26
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Changer ma dénomination