NOM & MARQUE 18.07.26 · 6 MIN

Nom de société déjà pris : que faire en 2026 ?

Votre nom de société est déjà utilisé ? Conflit de dénomination, risque juridique, démarches : tout ce qu'il faut savoir pour agir vite et changer de nom sereinement.

Sommaire — 6 parties
L'ESSENTIEL EN TROIS LIGNES
01 Une dénomination sociale identique à une marque déposée expose à une action en contrefaçon ; un simple doublon au RCS expose à une action en concurrence déloyale.
02 La solution la plus sûre est de changer de dénomination : la procédure conserve votre SIREN et votre historique contractuel.
03 Avant d'adopter un nouveau nom, vérifiez sa disponibilité sur la base INPI des marques ET au Registre National des Entreprises.

Votre nom de société est déjà utilisé par une autre entreprise, ou pire, protégé à titre de marque ? Vous avez deux options : contester ou changer. Dans la grande majorité des cas, changer de dénomination est la voie la plus rapide, la moins coûteuse et la plus sereine — d’autant que votre SIREN, vos contrats et votre historique restent intacts.

Comprendre le problème : dénomination identique ne signifie pas forcément conflit immédiat

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le Registre du Commerce et des Sociétés n’est pas un système de réservation de noms. Deux sociétés peuvent techniquement porter une dénomination identique ou très proche, notamment si elles sont immatriculées dans des greffes différents. Le guichet unique de l’INPI (qui centralise aujourd’hui toutes les formalités via le Registre National des Entreprises) n’effectue aucun contrôle d’unicité au moment de l’immatriculation.

Ce n’est donc pas l’enregistrement lui-même qui crée le droit sur un nom. C’est l’usage antérieur, la notoriété, et surtout le dépôt de marque qui fondent une protection.

Trois situations se présentent en pratique :

SituationRisque juridiqueAction possible contre vous
Même dénomination, secteurs différents, sans confusionFaiblePeu probable
Même dénomination, même secteur, confusion possibleMoyen à élevéAction en concurrence déloyale
Votre dénomination reproduit une marque INPI déposéeÉlevéAction en contrefaçon de marque

⚠️ Attention à la confusion des régimes. La concurrence déloyale sanctionne l’usage d’un nom créant une confusion préjudiciable, même sans marque déposée. La contrefaçon, elle, ne nécessite pas de prouver la confusion : la simple reproduction ou imitation d’une marque déposée suffit. Les sanctions ne sont pas les mêmes — ni les délais de prescription.

Comment vérifier si un nom est réellement protégé

Avant toute décision, vous devez établir les faits. Deux sources officielles et gratuites vous donnent une image fiable :

1. Le Registre National des Entreprises (RNE) Accessible via le site de l’INPI, il recense toutes les sociétés immatriculées en France avec leur dénomination sociale et, le cas échéant, leur nom commercial. Une recherche par mot-clé vous permet d’identifier les homonymes ou quasi-homonymes dans votre secteur.

2. La base des marques INPI Sur data.inpi.fr, vous accédez à l’ensemble des marques déposées en France, incluant les marques françaises, les marques de l’Union européenne (EUIPO) ayant effet en France, et les marques internationales désignant la France. Cherchez le terme exact, mais aussi les variantes phonétiques ou graphiques proches : la protection s’étend aux imitations susceptibles de créer confusion.

💡 Conseil de praticien. Une recherche d’antériorité sérieuse ne se limite pas à l’orthographe exacte. Si votre dénomination est “Maison Victor” (comme nos cogérants Pierre et Véronique, qui ont rebaptisé leur SARL), pensez à vérifier “Victor Maison”, “La Maison Victor”, “Maisons Victor”… La jurisprudence sanctionne les imitations, pas seulement les copies conformes.

Les risques concrets si vous ne faites rien

Ignorer un conflit de dénomination est rarement sans conséquence. Voici ce qui peut arriver si vous persistez dans l’usage d’un nom litigieux :

Mise en demeure puis assignation en justice. La société antérieure ou le titulaire de la marque peut exiger que vous cessiez d’utiliser le nom, sous astreinte. Une ordonnance de référé — rendue en urgence — peut vous obliger à changer de dénomination sous quelques jours, avec des pénalités par jour de retard.

Dommages et intérêts. En cas de condamnation, vous pouvez être tenu d’indemniser le préjudice causé : perte de clientèle, atteinte à la réputation, frais de procédure adverse. Les montants varient considérablement selon la notoriété de la marque et la durée du préjudice.

Impact sur votre référencement et votre identité numérique. Si vous avez construit un site, un nom de domaine, des profils réseaux sociaux autour d’un nom litigieux, vous devrez tout reconstruire. Autant anticiper.

Atteinte à la réputation auprès de vos partenaires. Recevoir une mise en demeure, même si vous êtes dans votre droit, génère une inquiétude légitime chez vos clients, fournisseurs et banquiers.

Changer de dénomination : la solution la plus efficace

Si le conflit est avéré ou probable, le changement de dénomination s’impose comme la réponse pragmatique. C’est aussi l’occasion de choisir un nom réellement distinctif, protégeable à titre de marque, et aligné sur votre positionnement actuel.

Ce que le changement ne modifie pas :

  • Votre numéro SIREN et SIRET (la continuité de la personne morale est garantie par article L210-6 du Code de commerce)
  • Vos contrats en cours, qui restent valides sans aucune clause de renégociation nécessaire
  • Votre historique bancaire, vos encours, vos assurances
  • Votre TVA intracommunautaire

Ce que vous devez faire en pratique :

  1. Choisir un nouveau nom disponible — vérification RNE + INPI marques, dans toutes les classes de produits/services pertinentes
  2. Modifier vos statuts — la dénomination sociale est une mention obligatoire des statuts (article 1835 du Code civil ; article L210-2 du Code de commerce) ; sa modification suppose une décision de l’organe compétent selon votre forme juridique
  3. Publier une annonce légale dans un support habilité du département de votre siège (loi n° 55-4 du 4 janvier 1955) — le tarif forfaitaire de la modification de dénomination est de 199 € HT HT en métropole
  4. Déposer le dossier via le guichet unique INPI dans le délai de un mois suivant la décision — avec les statuts mis à jour, le procès-verbal et l’attestation de parution de l’annonce légale
  5. Obtenir un nouveau Kbis mentionnant la nouvelle dénomination
  6. Déposer votre nouveau nom comme marque INPI si vous souhaitez le protéger (190 € pour une classe, protection de 10 ans renouvelables)

Pour vous accompagner dans cette démarche de bout en bout, vous pouvez utiliser notre service de changement de dénomination sociale.

📌 La règle d’or avant le vote. Vérifiez la disponibilité du nouveau nom AVANT de tenir votre assemblée ou de rédiger votre décision. Une fois le procès-verbal signé, revenir en arrière est coûteux. Pierre et Véronique, en passant de “Atelier du Cours Victor” à “Maison Victor”, ont effectué cette vérification en amont — et évité de rebaptiser leur SARL avec un nom déjà déposé dans la restauration.

Selon votre forme juridique : qui décide et comment ?

La procédure de modification ne diffère pas selon que vous changez de nom par choix ou sous contrainte : c’est toujours une modification statutaire formelle.

Forme juridiqueOrgane compétentBase légale
SARLassemblée générale extraordinaire (AGE)article L223-30 du Code de commerce
SASselon les modalités prévues par les statutsarticles L227-1 et suivants du Code de commerce
EURL / SASUdécision de l'associé unique, constatée dans un procès-verbalarticle L223-31 du Code de commerce
SAAssemblée générale extraordinairearticle L225-96 du Code de commerce
SCISelon les statuts (unanimité fréquente)article 1836 du Code civil

Pour une SARL, la décision doit être adoptée à majorité des deux tiers des parts détenues par les associés présents ou représentés. Pour une EURL ou une SASU, l’associé unique décide seul et consigne sa décision dans un procès-verbal daté et signé.

Si vous avez besoin d’un modèle de procès-verbal adapté, consultez notre exemple d’annonce légale de changement de dénomination 2026 pour visualiser la chaîne documentaire complète.

Après le changement : ce que vous devez mettre à jour

Le nouveau Kbis en main, la formalité n’est pas tout à fait terminée. Une série de mises à jour pratiques s’impose :

  • Documents commerciaux : factures, devis, bons de commande, conditions générales de vente — la dénomination exacte inscrite au RCS doit y figurer
  • Site internet et mentions légales : obligation légale de mentionner la dénomination sociale exacte
  • Nom de domaine : si le nouveau nom justifie un nouveau domaine, sécurisez-le dès que la décision est prise (avant même la formalité, si possible)
  • Banque : informez votre conseiller bancaire avec le nouveau Kbis ; les relevés et mandats seront mis à jour
  • Contrats en cours : un simple avenant d’information (et non de renégociation) suffit généralement à acter le changement de nom auprès de vos cocontractants
  • Réseaux sociaux et Google Business Profile : mettez à jour sans attendre pour éviter toute confusion supplémentaire

Si votre siège est en région, nos guides pratiques sur l’annonce légale de modification vous donnent les tarifs et supports habilités locaux : Bordeaux, Paris, Nantes ou Lille.


Vous avez reçu une mise en demeure ou vous souhaitez sécuriser votre transition vers un nouveau nom ? Contactez-nous pour un accompagnement personnalisé — nous gérons la formalité complète, de la vérification de disponibilité au nouveau Kbis.


Article rédigé par Alexis Egron, dirigeant de Norge Conseil (Paris / Bordeaux). Mis à jour le 8 juillet 2026.

Changement de Dénomination
Supervise les dossiers du réseau · relu le 08.07.26
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