PROCÉDURE & FORMALITÉS 03.07.26 · 7 MIN

Délai déclaration changement de dénomination au greffe : que faire si vous êtes en retard ?

Délai légal d'un mois pour déclarer un changement de dénomination au greffe : conséquences d'un retard, sanctions, et comment régulariser votre situation en 2026.

Sommaire — 6 parties
L'ESSENTIEL EN TROIS LIGNES
01 Le changement de dénomination sociale doit être déclaré au greffe dans le délai d'un mois suivant la décision modificative des statuts.
02 Un retard d'inscription au RCS n'entraîne pas de nullité de la décision, mais expose la société à des risques juridiques et pratiques réels.
03 La régularisation reste possible à tout moment : il suffit de constituer le dossier complet et de le déposer via le guichet unique INPI.

Vous avez voté votre nouveau nom, vous êtes fier du choix, et puis la vie a repris : les clients, les commandes, le quotidien. Le délai pour déclarer le changement au greffe est passé, et une petite inquiétude s’est installée. Respirez : ce retard est l’un des plus simples à corriger, et rien n’est perdu. Votre décision reste parfaitement valable. Votre société, elle, n’a pas bougé d’un pouce — même SIREN, mêmes contrats, même histoire.

En clair : le changement de dénomination doit être déclaré au greffe dans le délai d’un mois suivant la décision modificative. Si ce délai est dépassé, votre décision reste valide ; elle n’est simplement pas encore opposable aux tiers tant que la formalité n’est pas faite. Et la bonne nouvelle, c’est que la régularisation est possible à tout moment, sans procédure spéciale ni pénalité automatique. On vous explique exactement quoi faire, étape par étape.


Quel est le délai légal pour déclarer un changement de dénomination au greffe ?

La dénomination sociale est une mention statutaire obligatoire. Elle est visée à l’article 1835 du Code civil et à l’article L210-2 du Code de commerce. Toute modification du nom implique donc une modification des statuts, qui doit ensuite faire l’objet d’une inscription modificative au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS).

La règle générale applicable aux inscriptions modificatives au RCS impose un délai d’un mois à compter de la décision. Concrètement, son point de départ correspond à la date du procès-verbal :

  • SARL : assemblée générale extraordinaire réunie conformément à l’article L223-30 du Code de commerce.
  • SA : assemblée générale extraordinaire convoquée selon l’article L225-96 du Code de commerce.
  • SAS / SASU : décision prise selon les modalités fixées par les statuts, en vertu de la liberté statutaire reconnue aux articles L227-1 et suivants du Code de commerce.
  • EURL : décision de l’associé unique constatée dans un procès-verbal, conformément à l’article L223-31 du Code de commerce.

⚠️ Attention : la date qui compte est celle du procès-verbal ou de la décision formelle, pas celle à laquelle vous commencez à préparer votre dossier. Veillez à dater précisément vos documents dès la signature.


Quelles sont les conséquences concrètes d’un retard ?

Prenons un cas pour rendre tout cela concret. Pierre et Véronique (exemple illustratif) cogèrent la SARL « Atelier du Cours Victor ». Après des mois à mûrir leur projet, ils votent en assemblée le passage à « Maison Victor », un nom qui colle enfin à la montée en gamme de leur activité. Pris par une grosse saison, ils oublient de déposer le dossier dans les temps. Trois mois plus tard, ils s’en aperçoivent — et paniquent un peu. Pourtant, leur décision n’est pas remise en cause : voyons précisément ce qu’un tel retard change, et ce qu’il ne change pas.

Un retard de déclaration n’annule pas la décision de changer de dénomination. La résolution adoptée en assemblée générale extraordinaire ou par l’associé unique conserve toute sa force sur le plan interne. En revanche, les effets à l’égard des tiers sont conditionnés à l’accomplissement des formalités de publicité.

L’inopposabilité aux tiers

Tant que l’inscription modificative n’est pas effectuée au RCS et que l’annonce légale n’est pas parue dans un support habilité à recevoir les annonces légales du département du siège (conformément à la loi n°55-4 du 4 janvier 1955), la nouvelle dénomination n’est pas opposable aux tiers. En pratique :

  • Vos clients et fournisseurs peuvent continuer à vous opposer l’ancienne dénomination.
  • Des contrats signés sous la nouvelle dénomination non encore inscrite peuvent donner lieu à des contestations.
  • Les tiers ne sont pas tenus de reconnaître la modification.

Le risque de mise en demeure judiciaire

Le greffe du tribunal de commerce peut, en cas de défaillance prolongée, mettre en demeure le dirigeant de procéder aux formalités d’inscription. À défaut de régularisation, une injonction judiciaire peut être prononcée, assortie d’une astreinte. Si votre dossier bute encore sur d’autres anomalies, notre article sur les causes de rejet d’un dossier par le greffe recense les motifs les plus courants. La responsabilité personnelle du gérant ou du président peut être engagée s’il est démontré qu’il a délibérément retardé la déclaration et causé un préjudice à des tiers.

Les risques pratiques au quotidien

SituationRisque en cas de retard d’inscription
Signature de contrats commerciauxIncertitude sur la dénomination engagée
Facturation sous la nouvelle dénominationContestation possible par le client ou l’administration fiscale
Ouverture d’un compte bancaire professionnelLe Kbis à jour est exigé par la banque
Appels d’offres publicsDossier incomplet si le Kbis ne reflète pas la nouvelle dénomination
Dépôt de marque à l’INPIIncohérence entre le titulaire déclaré et le RCS

Comment régulariser la situation, même plusieurs mois après ?

C’est ici que l’inquiétude retombe. Il n’existe pas de « procédure de rattrapage » distincte pour les retards ordinaires. Vous déposez votre dossier exactement de la même façon que si vous étiez dans les délais — via le guichet unique des formalités des entreprises géré par l’INPI, qui transmet ensuite la demande d’inscription modificative au greffe compétent. C’est précisément ce qu’ont fait Pierre et Véronique : ils ont rassemblé leurs pièces, publié leur annonce, déposé leur dossier, et « Maison Victor » a été inscrite sans le moindre obstacle lié à leur retard.

Le dossier comprend, dans tous les cas :

  1. Le procès-verbal de l’assemblée (ou la décision de l’associé unique) actant le changement de dénomination.
  2. Les statuts mis à jour, signés et datés, mentionnant la nouvelle dénomination.
  3. L’attestation de parution de l’annonce légale publiée dans un journal ou support habilité du département du siège.
  4. Le formulaire de déclaration renseigné sur le guichet unique INPI.

💡 Bon à savoir : si vous n’avez pas encore publié l’annonce légale, c’est l’étape à effectuer en premier. Le greffe n’enregistrera pas l’inscription modificative sans attestation de parution. Le coût de cette annonce est fixé par arrêté annuel sous forme de forfait pour les modifications.

Une fois le dossier complet transmis, le greffe délivre un nouvel extrait Kbis mentionnant la nouvelle dénomination. Votre numéro SIREN et votre numéro SIRET demeurent inchangés : la continuité juridique et fiscale de la société est totale.

Pour les entreprises qui souhaitent confier l’ensemble de ces démarches à un prestataire — et éviter de commettre de nouvelles erreurs de procédure — notre service de changement de dénomination sociale prend en charge la constitution du dossier, la publication de l’annonce légale et le dépôt au guichet unique.


Ce qu’il faut faire dès maintenant si votre délai est dépassé

Si vous lisez cet article parce que vous avez manqué le délai d’un mois, voici les étapes à suivre sans attendre davantage :

Étape 1 — Vérifiez que votre procès-verbal est complet et daté Le document doit mentionner explicitement la résolution adoptant la nouvelle dénomination, la date, et les signatures requises selon la forme juridique.

Étape 2 — Mettez à jour vos statuts Les statuts doivent refléter la nouvelle dénomination à l’article qui la mentionne. Toute incohérence entre le PV et les statuts retardera le traitement par le greffe : notre guide sur la mise à jour des statuts après changement de nom détaille les articles à vérifier un par un.

Étape 3 — Publiez l’annonce légale Choisissez un support habilité dans le département du siège. L’annonce doit indiquer l’ancienne et la nouvelle dénomination, ainsi que les références d’immatriculation de la société (forme, capital, siège, SIREN). Conservez l’attestation de parution.

Étape 4 — Déposez le dossier via le guichet unique INPI Rendez-vous sur le portail formalites.entreprises.gouv.fr, sélectionnez “modification d’une entreprise”, et suivez le parcours dédié à la modification de la dénomination.

Étape 5 — Mettez à jour vos documents commerciaux Dès réception du nouveau Kbis, actualisez vos factures, devis, site internet, mentions légales, papier à en-tête et tout support mentionnant l’ancienne dénomination. C’est une obligation légale, pas une simple recommandation.

📌 Rappel important : si votre nouvelle dénomination n’a pas encore fait l’objet d’une recherche d’antériorité auprès de l’INPI (base de données des marques), effectuez-la avant de finaliser votre inscription. Utiliser une dénomination identique ou similaire à une marque déposée expose la société à une action en contrefaçon ou en concurrence déloyale, indépendamment de la régularité de l’inscription au RCS. Consultez également notre guide sur les coûts du changement de dénomination pour anticiper l’ensemble des frais.


Peut-on prévenir ces retards à l’avenir ?

La meilleure façon d’éviter un délai dépassé est de préparer le dossier de formalités en parallèle de la décision, et non après. En pratique, cela signifie :

  • Rédiger les statuts modifiés et le projet de PV avant la tenue de l’assemblée.
  • Commander la publication de l’annonce légale le jour même ou le lendemain de la signature du PV.
  • Déposer le dossier au guichet unique INPI dans les jours qui suivent la réception de l’attestation de parution.

Un dossier bien préparé en amont est traité par le greffe en quelques jours ouvrés. Le nouveau Kbis peut ainsi être obtenu dans un délai total de l’ordre d’une à deux semaines après la décision, si aucune pièce ne manque.

Pour un modèle de procès-verbal conforme, consultez notre page modèle de PV de changement de dénomination. Elle détaille les mentions obligatoires selon la forme juridique de votre société.


Ce que notre service couvre pour vous

Si vous souhaitez déléguer l’intégralité de la procédure — y compris la régularisation d’un retard —, notre service changement de dénomination sociale est opéré par NORGE CONSEIL (SASU, RCS Libourne 942 694 076). Nous prenons en charge :

  • La rédaction du procès-verbal et des statuts modifiés.
  • La publication de l’annonce légale (forfait modification).
  • Le dépôt du dossier complet au guichet unique INPI.
  • Le suivi jusqu’à la délivrance du nouveau Kbis.

Les honoraires démarrent à 150 € HT, auxquels s’ajoutent les frais de greffe (166,71 € TTC) et les frais d’annonce légale (forfait modification à 199 € HT). Bonne nouvelle : ces montants restent les mêmes, dans les délais comme en situation de retard. Régulariser ne coûte pas plus cher.

💡 Une question sur votre situation ? Contactez-nous — nous répondons rapidement et vous indiquons les étapes adaptées à votre forme juridique et à la date de votre décision.


Article rédigé par Alexis Egron, dirigeant de Norge Conseil. Mis à jour le 22 juin 2026.

Alexis Egron
Supervise les dossiers du réseau · relu le 22.06.26
150 € HT
vérifié avant dépôt
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